C'est un roman excessivement beau. C'est un premier roman, même si l'on peine à le croire. C'est l'un des premiers que nous avons lu de cette rentrée et, pour celles et ceux qui l'ont lu, c'est un choc. C'est très vite devenu un besoin intense d'inviter son autrice pour en parler le temps d'une soirée.
Et donc...
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nous avions la joie de recevoir Sarah Jollien-Fardel autour de son roman
publié en cette rentrée aux éditions Sabine Wespieser, Sa préférée.
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C'est
l'histoire d'une famille, une mère et ses filles, sous le joug d'un
père violent et pervers. C'est l'histoire de Jeanne, l'une des filles,
la narratrice, qui attend du village dans lequel elle grandit et des
gens autour une main tendue, un geste salvateur, la fin du calvaire vécu
dans le huis clos de cette famille étouffée. C'est aussi le récit
d'une émancipation et d'un attachement puissant aux paysages où prend
racine l'histoire de Jeanne, les montagnes valaisannes.
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Prix
du roman Fnac, "Sa préférée" apparait dans de nombreuses listes de prix
d'automne, et notamment dans la première sélection du Prix Goncourt 🤞
Sa préférée, comme le présente son éditrice...
Dans ce village haut perché des montagnes valaisannes, tout se sait,
et personne ne dit rien. Jeanne, la narratrice, apprend tôt à esquiver
la brutalité perverse de son père. Si sa mère et sa sœur se
résignent aux coups et à la déferlante des mots orduriers, elle lui
tient tête. Un jour, pour une réponse péremptoire prononcée avec
l’assurance de ses huit ans, il la tabasse. Convaincue que le médecin du
village, appelé à son chevet, va mettre fin au cauchemar, elle est
sidérée par son silence.
Dès lors, la haine de son père et le
dégoût face à tant de lâcheté vont servir de viatique à Jeanne. À
l’École normale d’instituteurs de Sion, elle vit cinq années de répit.
Mais le suicide de sa sœur agit comme une insoutenable réplique de la
violence fondatrice.
Réfugiée à Lausanne, la jeune femme, que le
moindre bruit fait toujours sursauter, trouve enfin une forme
d’apaisement. Le plaisir de nager dans le lac Léman est le seul qu’elle
s’accorde. Habitée par sa rage d’oublier et de vivre, elle se laisse
pourtant approcher par un cercle d’êtres bienveillants que sa sauvagerie
n’effraie pas, s’essayant même à une vie amoureuse.
Dans une
langue âpre, syncopée, Sarah Jollien-Fardel dit avec force le prix à
payer pour cette émancipation à marche forcée. Car le passé
inlassablement s’invite.
Sa préférée est un roman
puissant sur l’appartenance à une terre natale, où Jeanne n’aura de
cesse de revenir, aimantée par son amour pour sa mère et la culpabilité
de n’avoir su la protéger de son destin.
Née en 1971, SARAH JOLLIEN-FARDEL a grandi dans un village du district
d’Hérens, en Valais. Elle a vécu plusieurs années à Lausanne, avant
de se réinstaller dans son canton d’origine avec son mari et ses deux
fils.
Devenue journaliste à plus de trente ans, elle a écrit pour bon
nombre de titres.
Elle est aujourd’hui rédactrice en chef du magazine
de libraires Aimer lire.
Les lieux qu’elle connaît et chérit sont les points cardinaux de son premier roman.
Nos rencontres sont ouvertes à toutes et tous, lecteur.rice.s ou non, curieux.ses, passionné.e.s.
Il
nous importe de transmettre à l'occasion de ces échanges avec les
auteur.rice.s, éditeur.rices, artistes que nous invitons, ce qui fait
battre le cœur des ouvrages que nous aimons, ce qui se joue au moment de
leur création et d'échanger autour de ce que nous en percevons.
Un partage de plus en somme, vivant, direct. Des moments précieux et l'occasion de belles rencontres.