Rencontre avec Grégoire Chamayou

Vendredi 9 novembre, à 18h30


Nous sommes heureux de recevoir Grégoire Chamayou, philosophe et historien des idées, pour une rencontre autour de son dernier ouvrage paru aux éditions La Fabrique, La société ingouvernable - une généalogie du libéralisme autoritaire

L'échange sera animé par Jean-Louis Odekerken, économiste et président de l'UP Graines de Savoirs.


Partout, ça se rebiffait. Les années 1970, a-t-on dit à droite et à gauche, du côté de Samuel Huntington comme de Michel Foucault, ont été ébranlées par une gigantesque « crise de gouvernabilité ».
Aux États-Unis, le phénomène inquiétait au plus haut point un monde des affaires confronté simultanément à des indisciplines ouvrières massives, à une prétendue « révolution managériale », à des mobilisations écologistes inédites, à l’essor de nouvelles régulations sociales et environnementales, et – racine de tous les maux – à une « crise de la démocratie » qui, rendant l’État ingouvernable, menaçait de tout emporter.
C’est à cette occasion que furent élaborés, amorçant un contre-mouvement dont nous ne sommes pas sortis, de nouveaux arts de gouverner dont ce livre retrace, par le récit des conflits qui furent à leurs sources, l’histoire philosophique.
On y apprendra comment fut menée la guerre aux syndicats, imposé le « primat de la valeur actionnariale », conçu un contre-activisme d’entreprise ainsi qu’un management stratégique des « parties prenantes », imaginés, enfin, divers procédés invasifs de « détrônement de la politique ».
Contrairement aux idées reçues, le néolibéralisme n’est pas animé d’une « phobie d’État » unilatérale. Les stratégies déployées pour conjurer cette crise convergent bien plutôt vers un libéralisme autoritaire où la libéralisation de la société suppose une verticalisation du pouvoir. Un « État fort » pour une « économie libre ».

Grégoire Chamayou est agrégé de philosophie et chercheur au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) Cerphi ENS Lyon.

 

« Une enquête qui produit un vertige politique en exposant les armes idéologiques et les dispositifs avec lesquels nous avons été défaits par le « libéralisme autoritaire ». Joseph Confavreux, Mediapart


« Il n’est pas question d’armes de guerres dans La Société ingouvernable, mais plutôt d’armes théoriques : celles développées par le monde des affaires pour contrer les différentes contestations qui émergeaient dans les années 70. » Raphaël Bourgois, France Culture